dimanche 2 août 2009

La haine de l'humain

Il n'est pas rare que j'entende chez l'un de mes semblables des paroles comme :
«Il y a tant de souffrances dans le monde! Tant que l'humain existera, il fera souffrir son semblable et les bêtes. L'humain pollue et compromet la survie de tant d'espèces. La solution la plus logique serait de tuer tous les humains sur Terre! Ou, au moins, de les stériliser. L'humanité doit disparaître! Ainsi l'équilibre de l'écosystème s'installera de nouveau. Toute la souffrance que nous causons s'en ira avec nous.»

Nous sommes tous arrivez à ce genre de conclusions un jour ou l'autre. Je m'y suis moi-même laissé piéger pendant un temps. Désormais, je m'oppose à ce genre de discrimination spéciste envers l'humain. Elle n'est pas constructive et est malsaine. D'abord, parce qu'elle nous empêche de changer les choses en nous donnant l'impression que la souffrance et la pollution font parties de «la nature humaine» et que l'on ne peut donc rien y faire. Ensuite, parce qu'elle cultive un sentiment de haine envers nos semblables et envers nous-mêmes.

Avant de diaboliser l'humain, songez au fait que n'importe quel animal qui se trouverait dans notre situation ferait comme nous. Lorsque les lapins furent introduits en Australie, se trouvant dès lors dans un milieu sans prédateurs, ils se reproduisirent en surnombre et consumèrent toutes les ressources naturelles qu'ils pouvaient, jusqu'à ce que la majorité d'entre eux meurent de famine. Les humains ont fait la même chose en arrivant sur l'île de Pâques. C'est ce qui arrive logiquement à toute population animale lorsque les ressources sont abondantes et les prédateurs absents. Il n'y a donc là aucune malveillance.

L'humain a par contre l'avantage de comprendre ce qu'il fait. Il n'a pas l'excuse de l'ignorance comme les lapins. Toutefois, c'est l'humain en tant qu'individu, et non en tant qu'espèce ou que société, qui a cette intelligence. J'ai déjà lu quelque part que si un humain est plus intelligent qu'une fourmi, une ville est moins intelligente qu'une fourmilière. Ce n'est donc pas notre intelligence qui fait que l'on nuit à l'environnement, ce serait plutôt notre manque d'intelligence. Les espèces peu intelligentes sont contraintes, par des forces systémiques et des pressions sélectives, de rester en équilibre avec leur écosystème. Être vraiment intelligent, disons l'être collectivement, serait de comprendre ces mécanismes et de trouver la façon d'avoir un mode de vie écologique. Notre situation présente est un état de «semi-intelligence» dans lequel l'individu a la lucidité nécessaire pour s'émanciper des pressions du milieu, mais où la population en tant que tout ne l'a pas encore assez pour s'harmoniser avec son environnement.

Ce que l'on doit faire, ce n'est pas de faire disparaître notre espèce mais simplement de modifier son rapport avec le reste du monde. Essayer d'intégrer dans notre culture des valeurs telles que la conscience écologique et la solidarité sociale. Faire en sorte que notre société acquiert cette intelligence environnementale qu'ont les individus qui la composent. C'est peut-être difficile mais c'est déjà plus faisable et moins défaitiste que de prôner l'extinction de notre espèce.

6 commentaires:

  1. Par contre, je crois que notre civilisation va devoir atteindre le fond du baril pour comprendre qu'elle doit changer.

    Et le fond du baril approche plus vite qu'on pense...

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  2. je suis pas tout à fait d'accord avec toi, je crois aussi que nous avons conscience des conséquences nefastes de nos activitées humaines, nous sommes très lucides face à nos actes, meis le vrai et seul problème ce sont les valeurs morales humanistes que nous avons instauré dans nos societés, soit: l'humain est plus important que n'importe quelle autre espèce, tout ceci parce qu'il il se croit superieur, ainsi, nous changerons que si nos valeurs changent, cependant, pour les changer, ils faudrait faire enormement de concessions, et malheureusement, nous n'avons pas une reelle motivation pour évoluer, si nous l'etions, depuis longtemps le monde ne serait plus ce qu'il est ...
    En définitive, on a beau dire que l'homme est un etre responsable de ces actes, ceci est completement faux, certes il en est conscient mais en tout cas pas responsable.
    Nous pourrions changer, mais je pense que le jour ou nous voudrons le faire, ce sera trop tard, donc, pour conclure, l'homme est voué a disparaitre, il( on peut dire ce qu'on veut)est de nature irresponsable, sa nature est reversible, mais il faudrait des siecles et des siecles pour la changer, et helas nous n'en avons pas le temps ...

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  3. Bonsoir Anonyme,

    Je suis d'accord pour dire que la plupart des gens croient au concept de «supériorité de l'humain» (j'en parlerai ultérieurement sur ce blog) mais je ne pense pas que ce sentiment soit la cause de notre comportement collectif face à l'environnement.

    En effet, les conséquences sur l'environnement ont un impact sur l'humain, donc même en ne considérant que l'humain, l'environnementalisme est nécessaire.

    Je pense plutôt que c'est l'aspect un peu trop "sauvage" du système économique actuelle qui favorise cet état de fait. En effet, tel que l'a démontré Adam Smith (1723-1790), les lois du marché font en sorte que les produits disponibles se compétitionnent et deviennent donc (en suivant une forme de sélection naturelle) de plus en plus adaptés aux besoins des consommateurs. Toutefois, ces lois de marché n'ont en elles-mêmes aucune considération pour d'autres variables, telles que les droits des travailleurs ou l'environnement. Le seul but est le profit.

    Bref, pour que notre comportement collectif ait une meilleure conscience environnementale, il doit être programmé intelligemment. C'est-à-dire, qu'il faut simplement nous donner d'une législation plus grande et plus rigide en matière d'environnement.

    Comme tu le dis, et comme Rémi l'a dit aussi dans le commentaire qui précède le tiens, un jour on atteindra le fond. Alors, soit il sera trop tard, soit nous serons forcé de changer. Mais il est certain que de changer nos habitudes collectives maintenant serait moins douloureux et moins risqué que d'attendre que notre écosystème nous y force.

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  4. Il n'est pas seulement question d'environnement! L'humain s'autodétruit aussi parce qu'il est mort à l'intérieur de lui-même bien avant que son coeur n'arrête de battre! La majorité du monde aiment ça comme ça parce que ça toujours été depuis que notre cerveau sait se projeter dans l'avenir, l'art et ce qui suivit: la différence entre le bien et le mal, le choix surtout entre les deux et le mensonge.

    Viol, inceste, emprisonner sans que ce soit vraiment nécessaire, génocide parce "mon dieu est plus fort que le tiens!", faire semblant d'aimer, je m'en-foutisme du malheur des autres ou même aimer ça tellement on est malade et imbus de nous-même, manipulation perverse, retarder l'indépendance de ses propres enfants, essayer de contrôler la vie (scientifique), la maladie du pouvoir et de la vitesse; avoir plus de pouvoir plus vite plus vite, VITE PARCE QUE LA FIN DU MONDE APPROCHE ET C'EST NOUS QUI L'AVONS ACCÉLÉRÉ PARCE QUE on ne s'aime tout simplement pas.

    Le problème de l'humain, ce n'est pas seulement sa relation avec l'environnement... Heureusement, on est aussi éternel que les Dinosaures, c'est-à-dire; très mortels. C'est toujours ça de rassurant. C'est tout ce qu'il nous manque pour connaître la vie: connaître la mort, car les deux sont pratiquement indissociables.

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  5. Salut tout le monde!
    Je vous propose une petite réflexion.
    Et si ce qui nous différenciait tellement des fourmilières était que nos systèmes d'humains fonctionnent par conglomérat de personnes qui possèdent et concentrent le pouvoir? Ne serait-ce qu'à l'échelle mondiale je crois que les chiffres indiquent 5% des habitants ont 90% des richesses?!
    Et au dela de ca, on a des multinationales tel unilever qui concentrent toute la production, et la vente de 99% des produits de consommation.
    Je pense qu'au sommet de notre pyramide les dirigeants sont très conscients de ce qu'il se passe globalement (surpopulation, crises energetiques, pollution, etc...), qu'ils ont deja certainement les réponses adaptées pour y contrevenir mais qu'un boycott de ces solutions alternative est bien plus rentable.
    Si c'est le cas, l'individu moyen, issu ou non de pays riche aurait une liberté de changement possible mais extremement faible face aux lobbyings.
    Je crois que l'humanité est très capable. Bien plus capable que les autres espèces animales, nottament pour s'adapter à son environnement.
    Et il est difficile de croire qu'elle s'éteindra de si tôt.
    Un contraste probant avec les dinosaure est qu'on a déjà développé des solutions aux chutes de météores par exemple lors de projet européen ou américain (et surement d'autres) tel que neo-shield.
    Nous avons a portée de main les solutions à toutes les misères mondiales. Energies alternatives, stérilisation non-consenties (ogm ou autres....
    Enfin voila je pense que vous avez compris mon idée.

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  6. Kodben, j'aime beaucoup le mot stérilisation non-consenties, mais il faudrait l'appliquer à toute l’humanité sans exception.

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