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lundi 20 mai 2019

De l'islamophobie

De nos jours, on peut difficilement écrire le mot «islamophobie» sans qu’on nous reproche aussitôt de faire le procès des Québécois (et ce même si on est juste en train de dire que l’attentat de Christchurch est islamophobe). Un des arguments avancés par ceux qui voudraient faire disparaître le terme, et qui le qualifient souvent de mot inexistant, est que celui-ci pourrait être récupéré par des gens qui voudraient nous empêcher de critiquer l’islam en général ou une personne musulmane en particulier, en qualifiant d’islamophobe tout ce qui ne fait pas leur affaire. Un peu comme quand on qualifie d’antisémite toute critique des politiques de l’État d’Israël.

Personnellement, je n’ai jamais vu le terme utilisé en ce sens. Au contraire, j’ai beaucoup plus souvent lu de l’islamophobie pure. Mais peut-être faut-il clarifier le terme pour rassurer ceux qui ont peur de ne plus pouvoir dire qu’ils ne croient pas en la révélation de Mohammed sans se faire traiter de bigot. On peut, je pense, assez facilement faire la distinction entre :

  • Critiquer ou remettre en question les fondements scientifiques ou l’éthique d’une croyance ou d’une pratique religieuse,
  • Exprimer de l’hostilité ou de la méfiance à l’égard d’une minorité ethnique qui s’adonne à se définir par son étiquette religieuse.


Il me semble que c’est assez évident. Je pense que l’étymon-clé ici est «phobie». C’est une peur irrationnelle, paranoïaque, d’être d’abord envahi par des musulmans puis d’être forcés par ceux-ci à se convertir à l’islam. Ou plus simplement, la peur d’être tué par des musulmans lors d’un attentat terroriste. Les chiffres sont pourtant rassurants. Les musulmans ne forment qu’une infime minorité (3%) de la population, la majorité d’entre eux sont modérés dans leur croyance, et les projections estiment que leur nombre ne devrait jamais atteindre plus de 14% de la population. Et, statistiquement, si l’on vit en Amérique du Nord, on a beaucoup plus de chances de mourir dans un attentat terroriste commis par un nazi que par un musulman.

Je peux dire que je trouve l’islam absurde. Que l’existence de Dieu ou de la vie après la mort sont des vœux puérils. Que de penser qu’un être anthropomorphe qui aurait créé l’univers impose aux humains un régime et un code vestimentaire définit selon notre anatomie génitale m’apparaît complètement ridicule. Il n’y a rien d’islamophobe là-dedans, je ne fais qu’exprimer mes croyances. Je peux avoir un débat théologique avec un adulte à propos de nos valeurs ou de notre vision du monde, mais si je me réjouis de la mort d’un enfant dans un incendie ou dans un attentat, juste parce que l’enfant en question est élevé dans l’islam, là je suis islamophobe.

Vous voyez la nuance?

samedi 9 novembre 2013

Les paradoxes de Dieu

Les monothéistes donnent à leur dieu plusieurs attributs pour en faire un être suprême et magnificent. Une sorte de «parent idéal» dont ils se croient l'enfant préféré. Par exemple: il sait tout, il voit tout, il a tout créé, il est tout-puissant, il est infiniment bon, il est parfait (qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire?), il est amour (encore plus vide de sens…), il est partout à la fois, etc. Outre la puérilité manifeste de ces croyances, il s'y trouve certaines incohérences qui heurtent le gros bon sens. Des paradoxes. Je vois trois sortes de contradictions dans les attributs de Dieu:
  • contraire aux faits et à la logique;
  • contraire entre eux;
  • autocontradictoire (oxymore);

Évidemment, le fait que l'explication divine est, depuis des siècles, de plus en plus remplacée par l'explication scientifique nous pousse légitimement à présumer qu'il n'y a tout simplement pas de Dieu, et que tout a une cause naturelle. Mais même sans ce progrès de la science, je trouve qu'il y a des éléments dans la foi monothéiste qui sont en eux-mêmes problématiques. Le polythéisme m'apparaît déjà moins absurde car, bien que tout autant contraire aux faits, il a au moins l'intelligence de percevoir l'univers comme un équilibre entre plusieurs forces antagonistes ou rivales, et non comme le fruit d'une volonté unique. Bien sûr, il y a des démons dans le monothéisme, qui sont en guerre contre les anges. Mais, puisque ces méchants ont eux aussi été créés par le chef des gentils (Dieu) qui, en vertu de ses attributs, était parfaitement conscient qu'ils deviendraient méchants, on peut dire que tout l'univers devrait être l'œuvre d'une unique personne. Ce qui m'amène à un autre paradoxe de Dieu.

On attribut généralement cette réflexion au philosophe Épicure (342-270 avant notre ère) mais ça lui ait probablement postérieur même si ça fitte avec sa pensée. Le raisonnement est le suivant:
Si la puissance et la bonté de Dieu sont infinies, le mal ne devrait pas exister. Si le mal existe, c'est soit que Dieu aurait pu l'empêcher mais ne le veut pas (donc il n'est pas infiniment bon), soit il aurait voulu l'empêcher mais ne le peut pas (donc il n'est pas tout-puissant).

Les contre-arguments disent généralement que le mal ne vient pas de Dieu comme tel, mais qu'il est une condition nécessaire à l'existence du libre-arbitre, que Dieu nous a donné justement par bonté. Cette réponse est très peu satisfaisante pour moi, pour plusieurs raisons. Entre autres parce qu'elle sous-entend que non seulement les personnes mais aussi les catastrophes naturelles ont un libre-arbitre, ce qui est absurde. Ensuite parce qu'elle entre contradiction avec les raisons même qui nous poussent à nous doter de lois. Si nous nous enlevons certaines libertés au nom d'un plus grand bien, c'est parce que nous reconnaissons que, par exemple, mieux vaut perdre sa liberté de tuer autrui si c'est pour nous éviter d'être tué par autrui. Mais là, c'est comme si Dieu régnait sur l'univers sans intervenir pour imposer ses lois (et en envoyant aléatoirement des catastrophes). Donc l'existence même de gouvernements humains est la preuve que nous reconnaissons tous implicitement que Dieu ne fait pas son travail.

Mais il y a aussi la conception même du libre-arbitre qui me rebute dans cette explication. Comme si l'individu pouvait faire des choix qui n'auraient aucune cause extérieure ou antérieure (et que même Dieu ne pourrait anticiper?), ce qui m'apparaît encore plus insensé que l'idée de Dieu. Si on évite cet indéterminisme, on pourrait peut-être se dire que Dieu a programmé nos esprits comme un humain le ferait d'une intelligence artificielle, mais qu'il nous a conçu si complexe qu'il ne peut anticiper à l'avance nos décisions. Et c'est peut-être aussi pour ça qu'existent les catastrophes naturelles, le climat est peut-être un système trop complexe pour être prédictible pour Dieu? Ce qui m'amène à mon autre point.

J'ignore quel théologien a un jour posée la question suivante:
«Dieu peut-il créer une pierre si lourde qu'il ne pourrait lui-même la soulever?»

En calquant cette question dans mon questionnement théologique à propos du libre-arbitre, j'aurais pu me demander: «Dieu peut-il créer un système (ou un être) si complexe qu'il ne puisse anticiper ses actions à l'avance?» Évidemment, cela m'amène à remettre en question la toute-puissance de Dieu puisque, quoique l'on réponde à ces questions, on impose une limite à sa puissance. Ainsi, l'omnipotence est un attribut de Dieu qui m'apparaît autocontradictoire et qui, pour cette raison, aurait dû être abandonné par les théologiens.

Les autres attributs divins me semblent également difficile à défendre d'un point de vue rationnel. Par exemple, si Dieu est parfait, je ne vois aucune raison pour laquelle il aurait eu besoin de créer l'univers. Et s'il est partout à la fois, ça implique qu'il soit tout, comme si l'univers était son corps. Il faudrait pour ça que l'univers entier puisse être modélisé comme un seul grand système complexe, et non une infinité de galaxies qui ne se touchent pas. Son infini bonté, quand à elle, est plus tautologique que paradoxale. Si on définit le bien comme étant d'obéir à Dieu, alors c'est assez facile pour Dieu de s'obéir à lui-même.

Ainsi, l'existence de Dieu heurterait moins la raison si, à la place de lui donner tous ces attributs «infinis», on se contentait de dire qu'il est:
  • presque parfait, mais pas parfait,
  • super-puissant, mais pas tout-puissant,
  • clairvoyant mais pas omnivoyant,
  • assez bienveillant mais pas infiniment bon,
  • à plusieurs endroits en même temps mais pas omniprésent,
  • etc.

Évidemment, tout cela n'est qu'un exercice philosophique de ma part. Même si Dieu était présenté de façon moins absurde, il n'en demeurerait pas moins contraire aux faits et à la science, en plus d'être incompatible avec une sagesse adulte.

––
P.S. – Il y en a qui vont encore me reprocher de m'attaquer à une croyance inoffensive… En fait, je n'adresse pas ce billet aux croyants qui se contentent de croire dans leur coin en sachant que ce n'est pas rationnel. Je m'adresse justement à ceux qui tente d'amener la question de Dieu sur le terrain de la raison.

jeudi 20 juin 2013

Se croire l'élu de Dieu

Il y a peut-être deux ou trois ans de cela, l'un de mes amis facebook a mis un statut ressemblant à:
«Les prières ont été efficaces, l'hôpital a finalement donné son congé à ma grand-tante. Merci à Dieu et merci à la Sainte Vierge pour son pouvoir d'intercession!»
Quelque chose d'aberrant m'avait marqué dans cette réplique. J'ai failli le souligner en répliquant:
«Ah je comprends maintenant pourquoi Dieu n'a rien fait pour empêcher le tremblement de terre qui a tué des milliers de personnes au Chili la semaine dernière… il était trop occupé à sauver ta vieille tante.»
Mais bon, mon sens aigu de la politesse m'a retenu d'émettre ce commentaire. Mais c'est tout de même la première chose qui m'est venue à l'esprit. Pourquoi le très croyant voit-il des interventions divines dans les choses positives qui lui arrivent, même lorsqu'elles sont petites, sans se demander pourquoi des malheurs bien plus grands arrivent à autrui?

Un autre exemple c'est lorsqu'il y a un accident d'avion ou une catastrophe naturelle qui tuent de nombreuses victimes. Pourquoi la poignée de survivants se met-elle à «remercier le seigneur»? N'est-ce pas ce même Dieu qui nous a envoyé cette catastrophe naturelle en premier lieu? Sérieusement, pourquoi y voir une intervention divine? Il est tout à fait logique qu'une catastrophe faisant de nombreux morts épargnent quelques survivants. Si un avion s'écrase et que tous les passagers survivent, là oui on s'approche du miracle. Mais qu'une personne quelconque plutôt qu'une autre personne quelconque survive à une catastrophe, c'est tout à fait possible.

Un exemple encore pire: les athlètes qui prient pour gagner une compétition et qui remercient Dieu de leur victoire. Vraiment? Ce n'est même pas une guerre entre deux pays dont l'un pourrait défendre des idéaux plus nobles que l'autre. C'est un simple sport mettant en compétition des athlètes tout à fait interchangeables, et dont l'issu ne changera strictement rien au sort du monde. Pourquoi est-ce que le créateur de l'univers, s'il a tout le cosmos à gérer et s'il autorise des crimes, des guerres et des catastrophes naturelles, sentirait-il le besoin d'intervenir pour qu'une équipe de football d'une université américaine gagne le match plutôt que sa rivale?

Toutes ces situations me semblent découler d'une certaine croyance sous-jacente. Peut-être est-elle inconsciente ou tout simplement inavouable mais, on peut la détecter dans ce genre de propos. Le très croyant ne se contente pas de croire que la religion dans laquelle il a par hasard été élevée s'adonne à être la seule vérité. Au fond de lui-même, il a en plus l'arrogance de croire qu'il est «spécial» pour Dieu. Il est «élu» en quelque sorte. Ça explique non seulement pourquoi Dieu l'a fait naître dans la bonne religion, mais également pourquoi il l'épargne lui et les gens qu'il aime alors qu'il laisse des malheurs terribles s'abattrent sur d'autres. Dieu n'en a rien à foutre des enfants du Tiers-Monde ou du parfait inconnu assis à côté de moi dans l'avion. Ce qui lui importe c'est moi, car tout ce qui m'arrive est pour lui beaucoup plus important que tout ce qui pourrait arriver à n'importe qui d'autre.

C'est ça. Je comprends juste pas comment une religion qui condamne le péché d'orgueil ait pu engendrer autant de narcissiques qui se pensent élus de Dieu.

dimanche 3 juin 2012

Le principe anthropique

Deux Témoins de Jéhovah (fort sympathiques) sont venus frapper à ma porte ce matin. La dernière fois qu'ils étaient venus, je leur avais dis de revenir lorsqu'ils auraient une preuve de l'existence de Dieu. Ainsi, le premier argument qu'ils présentèrent aujourd'hui (que je connaissais déjà) est celui-ci:

La Terre est parfaite pour la vie, un peu différente et la vie serait impossible. Si sa masse, son champ magnétique, sa distance du soleil ou la composition chimique de son atmosphère seraient différentes, nous n'existerions pas. De même, si les lois de la physiques étaient légèrement différentes, nous ne pourrions exister non plus.

On appelle ce raisonnement le principe anthropique. C'est-à-dire le principe selon lequel toutes les variables de l'univers semblent avoir été programmées pour que nous apparaissions un jour. Pour les croyants, cela est la preuve que (leur) Dieu existe. Puisque c'est le genre de raisonnement qu'ont beaucoup de croyants, je vais vous faire part de la réponse que j'ai donné à ces missionnaires. J'ai utilisés deux contre-arguments.

D'abord il y a, dans notre galaxie, un nombre incroyable de planètes et il y a dans l'univers un nombre incroyable de galaxies. Conséquemment, il est statistiquement probable qu'une planète parmi cette infinité (la nôtre) soit telle que la vie puisse y exister. Mettons que chaque planète doit brasser un dé pour savoir quelle sera la valeur de chacune de ces variables, il se peut que l'une de ces planètes obtiennent le résultat qui est le nôtre, et c'est forcément sur cette planète que l'on se trouve puisque l'on n'aurait pas pu naître ailleurs qu'ici.

Ensuite, on sait que la vie existe (même si le sens de ce mot demeure ambigu). Conséquemment, il est logique que les conditions nécessaires à son existence existent aussi. Il s'agit d'une fausse coïncidence; c'est-à-dire un simple rapport de cause à effet qui feint d'être une coïncidence. Si les variables étaient trop différentes de ce qu'elles sont, la vie n'existerait pas. Mais si elles étaient légèrement différentes, peut-être la vie existerait-elle mais serait-elle aussi légèrement différente. Puisque la vie existe telle que nous la connaissons, alors les variables qui autorisent son existence et font qu'elle est ce qu'elle est, sont telles qu'elles sont.

J'ai trouvé intéressante la réaction des Témoins de Jéhovah à mon argument. Avant que je ne leur présente, ils disaient «Et même en sachant que les conditions de la Terre sont justes parfaites pour que la vie existe, vous ne pensez pas que Dieu existe?» alors qu'après, ils n'avaient manifestement plus rien à répondre sur ce point et sont passé semi-subtilement à un autre argument pro-Dieu (tout aussi faible que celui-ci). J'ai vraiment eu l'impression d'approcher de les convaincre que Dieu n'existe pas.

lundi 31 mai 2010

Miser sur le mauvais dieu

Une des objections principales à des arguments fallacieux tels que celui du pari de Pascal, est qu'il existe de multiples religions et que, par conséquent, il est arbitraire de considérer l'une d'entre elles comme l'unique vérité simplement parce que c'est celle dans laquelle on a grandi. Si un missionnaire vous le sert, proposez-lui cet exercice de relativisme culturel:
Imaginons que vous ayez raison et que c'est bel et bien le christianisme (ou l'islam, ou le raëlisme, c'est selon l'identité religieuse de votre interlocuteur) qui détienne la Vérité. Mais supposons que vous ne soyez pas né dans une famille de chrétiens mais ayez plutôt été élevé par des hindous (ou toute autre religion sur laquelle votre interlocuteur a très peu de connaissances) dans un milieu totalement hindouiste. Et disons que vous connaissiez aussi peu le christianisme que ce que vous connaissez de l'hindouisme présentement.

Dans ce contexte, à quelle religion adhéreriez-vous d'après vous? Auriez-vous quitté la religion de vos ancêtres pour adopter un culte étranger dont vous ne savez rien? Ou, plus vraisemblablement, seriez-vous tout aussi convaincu de la véracité des croyances hindoues que vous l'êtes des croyances chrétiennes en ce moment?

Cet exercice invite notre croyant à constater qu'il a une foi particulière, non pas parce qu'il a étudié toutes les religions et constaté que la sienne était la plus plausible, mais simplement parce qu'il a été élevé dans cette tradition particulière et ne l'a simplement jamais soumis au filtre de la raison. Si, en effet, il admet qu'en ayant été élevé dans une autre religion il croirait en une autre religion, qu'est-ce qu'il lui permet d'affirmer que sa religion actuelle est la Vérité et qu'il n'y adhère pas uniquement parce qu'il a grandi dedans?

vendredi 5 février 2010

Répondre à un missionnaire

C'est toujours une expérience amusante et intéressante lorsqu'un missionnaire mormon ou témoin de Jéhovah m'aborde dans le métro ou sur le seuil de ma porte. Certains trouvent cela agaçant et pénible que d'être ainsi sollicité par quelqu'un qui tente de nous imposer ses croyances irrationnelles, mais moi – sans doute à cause de ma formation d'anthropologue – j'adore essayer de comprendre leur conception du monde, leur mythologie. C'est fascinant de voir à quel point nos esprits sont fondamentalement différents. J'ai par contre souvent de la difficulté à argumenter avec eux, puisque mon anglais n'est pas très bon et que ces prêcheurs sont presque systématiquement anglophones. Pour ceux qui s'inquiéteraient de me voir me convertir si je parle trop longtemps avec un missionnaire, soyez rassurés : il a autant de chance de réussir à m'avoir qu'en aurait un enfant tentant de me convaincre de l'existence du Père Noël.

Si vous essayez vous aussi l'expérience d'écouter parler l'un de ces fondamentalistes, vous vous cognerez bien rapidement au raisonnement circulaire suivant : «Dieu existe parce qu'on le dit dans la Bible; la Bible est vraie parce qu'elle est la parole de Dieu.»*


C'est le genre de raisonnements que vous trouverez souvent dans leurs paroles. Un autre exemple, d'un style un peu différent, sera :
– L'Univers est si complexe et merveilleux qu'il doit avoir un créateur!
– Dieu est-il complexe et merveilleux?
– Oh oui. Encore plus que l'Univers!
– Donc Dieu a un créateur?
– Non.
– Donc il est possible d'être complexe et merveilleux sans avoir de créateur?
– En effet.
– Donc l'Univers pourrait ne pas avoir de créateur?
– L'Univers est si complexe et merveilleux qu'il doit avoir un créateur!

Un cercle est fermé. On ne peut y entrer ni en sortir. Un raisonnement circulaire ne convaincra pas facilement quelqu'un, mais il est difficile d'en libérer ceux qui s'y sont pris. En argumentant avec le croyant, on ne fera que faire perpétuellement le tour du cercle sans espoir d'y trouver une issue. Normalement, en prenant conscience que le raisonnement est circulaire on réalise son absence de fondement, mais il n'est pas facile de faire comprendre ça à quelqu'un qui n'est pas familier avec la logique. Comme les aveugles qui ne touchent qu'une portion de l'éléphant et s'en font une image erronée, l'esprit d'un fondamentaliste ne peut pas percevoir l'entièreté de son propre raisonnement d'un seul coup; il n'en voit qu'une partie à la fois et ne prend pas conscience qu'il forme un cercle.

La meilleure méthode que j'ai trouvé pour faire sortir le dialogue de l'une de ces boucles sans fin, c'est le relativisme culturel. Il faut constamment revenir sur le fait qu'il existe plusieurs cultes et demander «Oui mais pourquoi la Bible précisément? Pourquoi pas le Coran, les Védas hindoues, la mythologie grecque ou les contes des frères Grimm?» Le missionnaire tentera normalement d'éluder la question avec une pirouette rhétorique ou un pseudo-arguments métaphysico-théologiques, mais il faut toujours le ramener, aussitôt que possible à cette question fondamentale.

Inévitablement, il finira par se retrancher dans le recoin de la foi, sa conviction personnelle et son sentiment viscéral profond. C'est intéressant de voir qu'un tel croyant pourra reconnaître qu'un argument est irrationnel sans considérer que cela lui enlève de la valeur. Une fois rendu à ce point, il est inutile d'essayer de le convaincre que l'intuition est moins fiable que la raison. Il sera plus facile de lui expliquer que cet argument, irrationnel et fier de l'être, peut peut-être justifier le fait d'avoir des croyances personnelles, mais pas d'essayer de convertir les autres.

J'ai eu de la chance une fois. Je parlais dans le métro avec un missionnaire chrétien, puis un missionnaire musulman est venu nous remettre à chacun un dépliant sur ses croyances. J'ai alors pu dire au chrétien : «Ne crois-tu pas que cet homme est aussi convaincu de la réalité de ses croyances que tu l'es des tiennes? Qu'as-tu donc de plus que lui à m'apporter comme preuves? Pourquoi devrai-je te croire plus que lui?» On peut même essayer de lui faire remarquer son narcissisme en lui disant «Pourquoi ton intuition, plutôt que celle d'un autre, devrait-elle dicter ce qui est vrai au reste de l'univers?» On relativise donc la conviction de notre prêcheur en lui disant que tout le monde a des convictions, qui peuvent être aussi forte que la sienne mais envers des croyances différentes. Comme le disait le philosophe Friedrich Nietzsche (1844-1900) dans une citation que j'ai vu dans le métro :
«La croyance forte ne prouve que sa force, non la vérité de ce qu'on croit.»
Il faut donc avoir quelque chose de plus à présenter comme argument qu'un simple sentiment pour avoir le droit légitime de prétendre que sa croyance est plus proche de la vérité que celle de celui que l'on tente de convaincre.

On peut essayer de conclure en lui expliquant que parmi toutes cosmologies connues, seules celle de la science apporte des preuves de ses dires et qu'il est par conséquent plus sage de croire en la science qu'en une quelconque mythologie. Mais le plus dur, comme je l'ai déjà dit, sera de s'assurer que notre missionnaire intégriste se souvienne de l'argument précédent lorsqu'on passe à un argument suivant. Autrement on pourra revenir plusieurs fois au même point et être prisonnier d'un cercle sans issu. Et ce n'est pas par stupidité ou par Alzheimer que notre croyant oubliera à mesure ce qu'on lui dit. Il est victime de dissonance cognitive, c'est-à-dire que les nouvelles données qu'il acquiert seront effacées de sa mémoire si elles entrent en contradiction avec les données qu'il a déjà. Conséquemment, une fois qu'il nous aura quitté, notre prêcheur du métro oubliera sans doute l'ensemble des arguments qu'on lui aura apporté. Il retournera chez ses semblables où il sera conforté dans sa conception erronée du monde par la présence de tous ces autres gens qui vivent dans le même mensonge que lui. Mais il y a des chances pour que les idées qu'on a semé dans sa tête soient tombé dans un terreau fertile et qu'éventuellement, en rencontrant d'autres idées semblables, elles finissent par croître et par le guérir de son obscurantisme. Ainsi, même si les chances sont minces, ça en vaut quand même la peine selon moi.

––

*Une variante de cet argument est «la Bible dit la vérité parce qu'il est écrit dans la Bible qu'elle dit la vérité» qui est un raisonnement circulaire n'ayant qu'un seul point se référant à lui-même plutôt que deux qui se justifient mutuellement.


Pour un esprit rationnel, c'est vraiment aberrant, mais il faut comprendre que le fondamentaliste est convaincu de façon émotionnelle. Ce type d'arguments ne le convaincrait pas lui-même, mais il s'en sert pour rationaliser une opinion viscérale préexistante. On peut répondre en soulignant que le Coran, la Torah, les Védas, etc. prétendent également détenir la vérité. On peut également souligner l'absurdité du raisonnement en prenant une feuille blanche, en écrivant dessus «Ceci est la Vérité!» puis en y ajoutant toutes les fantaisies qui nous passent par l'esprit. Le missionnaire n'aura pas le choix de considérer
comme vrai ce qu'il y a sur cette feuille ou de réviser son argument.

dimanche 8 novembre 2009

Le législateur cosmique

J'entends parfois l'argument fallacieux suivant :
«Si l'univers a des lois (les lois de la physique), alors il faut que quelqu'un ait écrit ces lois… donc Dieu existe!»

Il faut comprendre que «les lois» de l'univers ne sont pas comme nos lois humaines et n'ont donc pas besoin de législateur. En fait, si quelqu'un a écrit ces lois, c'est nous! En effet, à l'aide de toutes les expériences spécifiques que nous avons de notre univers, nous avons pu en écrire les lois par induction. Cette «législation» n'est qu'une façon de nous représenter l'univers.

Par ailleurs si Dieu existait, il fonctionnerait lui-même selon une «mécanique» quelconque. Si on pouvait l'étudier, on pourrait, par induction, énumérer des «lois» pour modéliser l'ensemble de ses interventions. Mais ces lois, comme celles de l'univers, seraient écrite par l'humain.

Bref, l'argument du «législateur cosmique» comme preuve de l'existence de Dieu m'apparaît bien faible.

samedi 26 septembre 2009

Mon athéisme

J'ai cessé de croire à Dieu et au p'tit Jésus vers la fin de ma dixième année d'existence. À l'époque, je m'intéressais beaucoup aux sciences. Mais ce qui m'a fait me libérer des sophismes de la religion n'est pas seulement la compétition dans mon esprit entre la cosmologie chrétienne et celle de la science, c'est surtout ma prise de conscience de la pluralité des cultes. En effet, les divinités des panthéons hindou et amérindiens m'apparaissaient particulièrement grotesques, mais j'ai réalisé que pour ceux qui y croyaient, cela était tout aussi sensé que le christianisme pour moi, et que c'était ma religion qui devait leur apparaître absurde. Finalement, un dieu avec une tête d'éléphant n'est pas plus ridicule qu'un ange avec des ailes d'oiseaux. Par relativisme culturel, j'ai donc rejeté en bloc toutes les croyances n'ayant rien pour démontrer qu'elles sont plus vraies que leurs rivales. La science m'apparut alors comme la seule conception de l'univers qui avait de quoi prouver ses dires.

Mon rejet de la religion s'est fait juste avant le rite de confirmation (que j'ai tout de même effectuée pour faire plaisir à la famille) en partie à cause du rite en question. En effet, l'église nous donnait un cour préparatoire pour le rituel et nous transmettait davantage de connaissances sur la foi chrétienne (pour que l'on puisse savoir ce en quoi on allait confirmer notre croyance). J'y ai appris, entre autres, que l'histoire d'Adam et Ève ainsi que celle de l'arche de Noé nous venaient de la Bible donc qu'il fallait y croire, alors que jusque là je les pensais de la même source que Cendrillon ou que le Petit Chaperon Rouge. Je me rappelle que la madame me disait : «Dieu a alors mis l'arc-en-ciel dans les cieux pour nous dire qu'il ne fera plus jamais de déluge» et moi, du haut de mes dix ans, de lui répondre : «Écoutez, l'arc-en-ciel est formé par la lumière du Soleil qui traverse les goutes de pluie...» Bref, nous ne vivions pas dans le même monde.

J'ai tout de même eu depuis certaines phases plutôt «ésotériques» où j'adoptais certaines croyances irrationnelles, mais je suis toujours demeuré athée. L'athéisme se définit par la non-croyance en l'existence d'un dieu, mais pas nécessairement en d'autres entités surnaturelles. J'ai continué de réfléchir au concept de Dieu mais il ne m'en apparut qu'encore plus improbable. Ce fut seulement vers la fin de mon cégep et le début de mon université que j'ai cessé de croire à l'âme (et, donc, à la vie après la mort) et au surnaturel en général pour adopter pleinement le scepticisme scientifique.

À ceux qui s'apprêteraient à m'en faire le commentaire, j'ai déjà expliqué précédemment comment l'on pouvait donner un sens à sa vie, ne plus craindre la mort et avoir une éthique fondée et parfaitement solide sans croire à Dieu.

Certains me trouve trop catégorique sur la question de Dieu. En fait, ce n'est pas que je crois en l'inexistence de Dieu, mais que je ne crois pas en son existence. La nuance est justement qu'une chose à laquelle on ne croit pas pourrait être vraie, mais qu'en l'absence de preuve il est plus sage de prendre pour acquis qu'elle ne l'est pas, comme je l'expliquais ici. Je pourrais essayer d'avoir l'air moins sûr de mon affaire et dire comme disait le physicien Albert Einstein (1879-1955) lorsqu'on lui posait la question :
«Dites-moi d'abord ce que vous entendez pas "Dieu" et je vous direz si j'y crois.»
Sauf que moi, j'ai déjà entendue plusieurs définitions du mot «Dieu» et même si elles se contredisent mutuellement, elles désignent toutes quelque chose à quoi je ne crois pas ou alors elles sont tellement floues qu'elles m'apparaissent vides de sens et d'intérêts. J'ai donc peu de chances de me tromper si je dis ne pas croire à ce que mon interlocuteur appelle «Dieu».

Pour conclure cette réflexion, j'aimerais vous recommander la lecture du livre Pour en finir avec Dieu de Richard Dawkins (né en 1941). Le titre semblera agressif pour certains (il vient en fait du traducteur) mais le contenu est très sage et reflète bien mes opinions sur le sujet.

mercredi 11 mars 2009

Le déisme

Le déisme est la position théologique selon laquelle il existe une conscience intelligente qui a créée l'univers et qui nous observe, mais qui n'intervient pas directement dans le monde et ne s'est pas révélée à l'humain via un prophète quelconque. Il y a une vaste gamme de nuances : Les déismes les plus anthropomorphistes rejoignant le monothéisme s'opposent à des déismes panthéistes qui s'approchent de l'athéisme.

En tant qu'athée, le déisme est une position que je respecte. Il est tout à fait compatible avec des valeurs progressistes et est rarement un obstacle à la quête de vérité. Il y a bien sûr la pente glissante qui pousserait l'individu à se croire « du côté de Dieu » (et, donc, à justifier fallacieusement ses choix) mais cela se rencontre plutôt chez les adeptes d'une religion que chez les déistes. Bref, je n'ai pas grand chose contre l'existence de cette croyance.

Toutefois, si l'on me demandait si je pense que le déisme puisse être vrai, je répondrais par la négative.

En fait, ce point de vue me semble se contredire lui-même. Puisque s'il y a un Dieu mais qu'il ne s'est pas révélé, d'où nous vient le concept de Dieu? Pour les monothéistes, le concept de Dieu nous vient de ce qu'il s'est révélé à nous. Pour les athées et les déistes, le concept de Dieu s'est développé progressivement par l'accumulation de spéculations métaphysiques et l'on peut le constater en étudiant l'histoire des différentes spiritualités de l'humanité depuis la Préhistoire. Donc quelles chances y aurait-il pour que – par hasard – en inventant le monothéisme on soit tombé pile sur la bonne affaire sans qu'aucune démarche scientifique ni aucune révélation divine ne nous y ait emmené?

Par ailleurs, croire qu'un être à notre image ait conçu l'univers m'apparait un manque flagrant d'humilité. Une forme d'anthropocentrisme du même genre que le créationnisme et le géocentrisme. Une incapacité d'admettre que notre existence soit purement contingente. Certains diront que leur Dieu n'est pas à l'image de l'humain, mais pour moi si l'on élague le concept de dieu de tous ses attributs anthropomorphes, on ne parle plus d'un dieu. Le mot devient un synonyme de « l'univers » et ce n'est plus du déisme mais de l'athéisme.

Également, un Dieu qui ne se révèle pas et qui n'intervient pas me semble particulièrement inutile... Ça me fait penser au philosophe Épicure (341–270 av. notre ère) qui disait que les dieux existent mais que, vu qu'ils sont des êtres parfaits, se suffisent à eux-mêmes et n'ont aucun désir d'intervenir dans notre monde imparfait. L'implication pratique est qu'on peut faire comme si les dieux n'existaient pas. On maintient la croyance en Dieu mais on en supprime toutes les conséquences dans la vie réelle. J'ai l'impression que c'est comme ne pas être game de passer à l'étape suivante : l'athéisme.

Je pense malheureusement que certains esprits, dont on pourrait dire qu'ils manquent de sagesse ou de maturité intellectuelle, ont en quelque sorte besoin de s'accrocher à ce genre de croyances. C'est pourquoi je ne m'attaque généralement pas au déisme; c'est une croyance inoffensive. Les débats sur les valeurs et sur l'éthique me semblent plus importants. Il s'agit, finalement, d'une simple question métaphysique. En débattre ne peut donc être que trivial.

jeudi 29 janvier 2009

Le pari de Pascal

Blaise Pascal (1623-1662) fut un grand scientifique à qui l'on doit l'invention de la calculatrice et la découverte de la pression atmosphérique (que l'on mesure en kilopascals). Si je me souviens bien de son histoire, il a eu, à un moment donné dans sa vie, un accident qui lui a fait frôler la mort et cela causa chez lui par la suite une sorte de crise mystique existentielle qui le fît sombrer dans la religion. On peut donc dire qu'il est un sage déchu. C'est d'ailleurs dans cette phase de sa vie qu'il a énoncé son fameux pari.

Son pari est sur l'existence de Dieu. En gros, il dit que, même si on ne peut en être certain, on doit faire comme si Dieu existe (le prier, exécuter les rituels, suivre ses commandements, etc.). Car s'il existe effectivement, on y gagne la vie éternelle, et que s'il n'existe pas, on y aura pas perdu grand-chose. La mise est donc faible et le gain potentiel est énorme.

Il y a d'énormes faiblesses dans ce raisonnement. La première qui saute aux yeux est qu'il existe plusieurs religions. On ne peut pas savoir sur quel dieu parier parmi cette multitude de déités et de panthéons. Leurs commandements divergent. Comment savoir lesquels suivre? La seconde faille est sur l'aspect soi-disant «minime» de la mise. Faire comme si Dieu existe peut impliquer, par exemple, de ne pas copuler hors du mariage, de s'abstenir de boire de l'alcool ou de se lever tôt le dimanche matin pour aller à la messe. Tous ces rites et interdits peuvent sérieusement nous empêcher de jouir de la vie. Et, finalement, la troisième faille que j'y vois c'est que le risque pour que Dieu existe est si faible que cela ne vaut même pas la peine d'en tenir compte.

Miser sur l'existence de Dieu c'est donc comme de s'acheter un billet de loterie par semaine : on a très peu de chance de gagner, on finît par dépenser beaucoup là-dedans et il faut choisir les bons numéros. La différence c'est qu'avec la loterie on est sûr qu'il y a des gagnants de temps en temps…

mercredi 21 janvier 2009

L'allégorie de la licorne invisible

Je ne sais pas exactement qui est l'auteur de la version originale de cette parabole, mais c'est une histoire que l'on retrouve souvent sur le web, sur des sites prônant l'athéisme. Il en existe de nombreuses versions, alors voici ma version personnelle.
Imaginez que je vous dise qu'il y a une licorne dans mon garde-robe. Vous en ouvrez la porte et ne voyez rien. Je vous explique alors que ma licorne est invisible. Vous essayez de l'attraper mais ne touchez rien. Je vous explique alors qu'elle est intangible. Vous essayez de lui parler mais elle ne répond rien. Je vous explique alors qu'elle est sourde et muette. Et ainsi de suite : Chaque fois que vous tentez quelque chose pour démontrer que la licorne est là, le test échoue et je trouve une excuse pour justifier l'échec du test.

Dans cette situation, il serait normal d'être sceptique face à l'existence de ma licorne. Mais modifions un peu notre scénario…
Cette version commence de la même manière, avec moi qui prétend avoir une licorne dans mon garde-robe. Mais quand vous venez pour ouvrir la porte, vous constatez qu'elle est barrée. Vous me demandez de l'ouvrir mais je refuse tout en continuant de prétendre qu'il y a là une licorne. Lorsque vous manifestez votre scepticisme, je m'en offense, je vous rétorque que vous ne respectez pas mon intelligence ou que vous doutez de mon honnêteté, puis je me mets à vous insulter agressivement.

Cette fable nous rappelle que celui qui prétend quelque chose doit le démontrer, et cela est d'autant plus vrai si ce qu'il affirme est incroyable. C'est à celui qui affirme qu'il a vu un OVNI, que les anges existent ou que les cristaux ont des pouvoirs magiques, qu'il revient le fardeau de prouver ses dires et non à celui qui ne le croit pas de justifier son scepticisme.

Cela ne veut bien sûr pas dire que les anges, les extraterrestres, etc. soient nécessairement des hallucinations ou des mensonges. Mais, tant que ces événements inexpliqués demeureront des anecdotes invérifiables et non-reproductibles, il serait hâtif de les incorporer à notre conception du monde. Une preuve scientifique est requise, sans elle il est plus sage de conserver un agnosticisme prudent ou un scepticisme légitime. Le philosophe David Hume (1711-1776) disait que le témoignage d'un miracle ne serait crédible que si le fait que le témoin soit trompeur ou trompé semblerait encore plus miraculeux.